septembre 2023

La domestication du chat

Une domestication bien plus ancienne qu’on ne le pense Dans un premier temps, nous allons définir ce qu’est la domestication : la domestication d’une espèce animale ou végétale est l’acquisition, la transformation ou la perte de caractères morphologiques, physiologiques ou comportementaux héréditaires ou nouveaux, au contact de l’homme, que ce soit suite à une interaction prolongée ou un contrôle voire une sélection délibérée de la part des communautés humaines. La domestication animale ou végétale a permis le développement des sociétés humaines, grâce au développement de l’agriculture qui a permis la sédentarisation. La domestication des animaux a commencé au début du Néolithique soit 10 000 ans avant J.C. Il a été pensé pendant longtemps que la première civilisation à avoir vécu en compagnie des chats étaient les Egyptiens, il y a 3 600 ans. Des découvertes archéologiques et des études généalogiques, ont permis de montrer que la domestication du chat remonte plutôt à 10 000 ans, au moment de l’apparition de l’agriculture dans le Croissant fertile. Il est fort probable que les humains aient accueillis les chats car ils chassaient les rongeurs, permettant ainsi de protéger les récoltes de céréales. En effet, la souris commune, Mus musculus domesticus, s’est développée avec l’apparition des stockages de grains, elle a probablement participé au développement des félins si proche de l’homme. Il est possible que les humains, pour récompenser les chats, leurs donnèrent de la nourriture, les encourageants ainsi à rester proche. Il est aussi possible que les détritus accumulés aux abords des villes, apportant une alimentation facilement décelable par les chats peu habiles à dénicher de la nourriture, les aient encouragés à se rapprocher des hommes. La sélection naturelle a ainsi favorisé les félins capables de cohabiter avec les hommes, de se nourrir de leurs restes alimentaires et de souris. De plus, certaines caractéristiques morphologiques du chat telles que ses grands yeux, sa petite tête, son front haut et arrondi lui ont permis de se faire adopter par les humains car ils étaient mignons et attachants. Certains en auraient pris chez eux pour les élever, ce qui est la première étape de l’apprivoisement. L’apprivoisement, début de la domestication Il est peu probable que l’apprivoisement ait été rapide. En effet, les chats n’étant pas isolés de la population sauvage, ils pouvaient facilement se croiser avec des individus sauvages ralentissant l’apprivoisement qui a probablement duré des milliers d’années. Ce croisement régulier avec des individus sauvages a probablement contribué aux faibles différences génétiques entre les chats sauvages et les chats domestiques. Il existe très peu de traces de cette domestication, une sépulture d’un homme de sexe inconnu avec un chat de huit mois retrouvé sur l’Ile de Chypre à Shillourokambos datant d’environ 7 500 ans avant J.C. a été découverte en 2004 par Jean Guilaine, prouve le lien privilégié qu’entretenaient les hommes avec les chats. En effet, dans cette tombe, les deux corps se font face, le squelette du chat est plus grand que celui d’autres congénères montrant qu’il devait être bien nourri. En 2013, des ossements de chat au côté d’ossement de rongeurs datant d’il y a plus de 5 300 ans ont été découvert sur le site archéologique de Quan­hu­cun, dans le Hunand en Chine montrant que ces félins se nourrissaient des rongeurs. Le premier témoignage de domestication du chat a aussi été trouvé en Israël, il s’agit d’une statuette de chat en ivoire, ce qui laisse à penser que la présence du chat dans les maisons et villages du Proche-Orient était courante. Des peintures Egyptienne datant de – 1500 à – 1000 avant J.C. seraient la première preuve de domestication totale du chat (l’illustration la plus ancienne prouvant cette domestication), elles représentent des chats sous des chaises, avec parfois un collier ou une laisse, qui s’alimentent dans des bols ou avec des restes. Le fait que ces illustrations soient nombreuses, montrent que le chat est un membre à part entière de foyers Egyptien de l’époque. Les Egyptiennes ne sont donc pas les premiers à avoir domestiqué le chat mais ils ont grandement participé à la dissémination du chat domestique dans le monde entier. Les chats étaient vénérés par les Egyptiens, qui en ont fait une divinité, Bastet (la déesse à tête de chat), il y a 2 900 ans. A Bubastis, la ville dédiée à la déesse Bastet, les chats y étaient sacrifiés, momifiés et enterrés en grand nombre. Le grand nombre de momies retrouvé en Egypte montre que c’est le premier peuple à avoir élevé des chats. Propagation des chats dans le reste du monde La première vague de propagation des chats eu lieux il y a 6 500 ans lorsque les chats peuplant le Croissant Fertile sont arrivés en Europe. Des fossiles de chat du Proche-Orient datant de 4 000 ans à 6 000 ans ont été découvert dans des grottes du haut plateau de Cracovie-Częstochowa dans le sud de la Pologne. Ce qu’on ne sait pas encore, c’est si le chat à suivie les agriculteurs ou si ceux sont les humains qui les ont emmenés avec eux. Pendant des siècles, l’exportation des chats Egyptien étaient interdit, néanmoins, le chat à tout de même réussi à arriver jusqu’en Grèce il y a 2 500 ans. Les mesures Egyptiennes étaient donc plutôt inefficace, en effet, pour lutter contre les rats sur les bateaux transportant des céréales entre Alexandrie et l’Empire Romain, des chats ont étaient embarqué. La seconde vague de propagation des chats a commencé 500 ans av. J.C., les chats Egyptien sont introduits chez les Grecs et les Romains et même bien plus loin, ils colonisent les villes portuaires, puis continuent de se propager à travers les différents pays. En étendant leur empire il y a 2 100 ans, les Romains emportèrent leurs chats qui se sont ainsi disséminés dans le Nord de la France et l’actuel Royaume Uni. Au Moyen-Âge, les chats du Proche-Orient et d’Egypte migrent au niveau des côtes Vikings de la mer Baltique, du Golfe persique mais aussi dans les Balkans. Après les chats Egyptiens, ce sont les chats d’Anatolie qui sont en vogue. Les

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Du chat sauvage au chat domestique

Qui est l’ancêtre du chat domestique ? Toutes les races de chats descendent d’une seule espèce, le chat sauvage, felis silvestris, présent dans le monde entier. Une étude a montré que la majorité des chats domestiques sont les descendants d’une sous-espèce de felis silvestris originaire du Proche-Orient : felis silvestris lybica. Il existe plusieurs sous-espèces du chat sauvage felis silvestris : felis silvestris silvestris, le chat sauvage d’Europe ou chat forestier qui peuple un vaste territoire allant de l’Europe continentale jusqu’à la Turquie ; felis silvestris ornata, le chat sauvage d’Asie ou chat orné qui peuple l’Asie du sud-ouest ; felis silvestris bieti, le chat des montagnes chinoise ou chat du Biet qui peuple la Chine ; felis silvestris cafra, le chat sauvage d’Afrique australe peuple l’Afrique du Sud ; felis silvestris lybica, le chat sauvage d’Afrique ou chat ganté qui peuple le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. On peut même aller plus loin en disant que notre chat domestique est issu de 5 femelles de l’espèce Felis silvestris lybica. En effet, une étude de 2007 dirigée par Carlos Driscoll, du laboratoire de diversité génétique du National Cancer Institute aux États-Unis, a conclu cela après avoir récolté l’ADN de 979 chats aux quatre coins du monte et l’avoir comparé l’ADN de centaines de chats domestiques. Felis silvestris lybica, le chat ganté Le chat sauvage d’Afrique est la seule sous-espèce de chat sauvage ayant été domestiquée car, le chat sauvage d’Europe et le chat des montagnes chinoise ne tolèrent pas la présence des humains. Les chats sauvages d’Afrique australe ou d’Asie du sud-ouest auraient aussi pu être domestiqués mais le chat sauvage d’Afrique peuplait déjà le Proche-Orient lorsque les hommes y ont développé l’Agriculture. Les chats qui descendaient de felis silvestris lybica ont suivi les hommes lorsqu’ils migraient vers de nouvelles régions. Si ces chats domestiqués du Proche-Orient n’étaient pas arrivés en Afrique et dans le reste de l’Asie, les chats sauvages indigènes auraient probablement été domestiqués lors du développement de la civilisation dans ces zones. Il est difficile de savoir combien de temps a été nécessaire pour l’apprivoisement de ce chat. Bien que ressemblant à nos chats domestiques, le chat ganté a les pattes un peu plus longues, des oreilles plus grandes, des anneaux sur la queue et des coussinets noirs, il est aussi un peu plus petit pouvant peser entre 2,4 kg et 6,4kg. Ce chat, tout comme les chats harets (chat domestique retourné à l’état sauvage ou semi-sauvage) qui peuplent nos villes et nos campagnes, peut vivre en groupement avec ses congénères et même cohabiter avec les humains. Le chat ganté à une alimentation opportuniste, il se nourrit des petits animaux qu’il trouve autour de lui : rongeurs, lapins, lièvres, oiseaux, etc. Felis silvestris lybica aime vivre dans un environnement très chaud, il peuple donc une grande partie de l’Afrique excepté le Sahara et les forets tropical humide, le Moyen-Orient ainsi que l’Inde et l’Asie centrale. Très bon grimpeur, il monte aux arbres en cas de menaces. Quelques différences au niveau de l’ADN Notre chat domestique ne serait que semi-domestiqué. L’ADN d’une espèce peut dévoiler son état de domestication. La comparaison entre l’ADN de chats domestiques et l’ADN des chats sauvages montre que les différences sont assez faibles. Par exemple, la principale différence entre les chats sauvages et les chats domestiques, concerne les gênes du comportement liés à la mémoire, à la peur et à la recherche de récompenses. Ce dernier comportement est considéré comme étant l’un des plus important dans le processus de domestication. L’hypothèse émise est que le chat à qui les humains apportaient des récompenses sous forme de nourriture lorsqu’il restait autour des villages pour éviter les invasions de rongeurs, a ainsi été incité à rester proche des humains. Quant aux humains, ils préféraient que les chats soient dociles. En 2007, l’Institut national de recherche sur le génome humain a débuté un projet de séquençage du génome du chat afin d’étudier leurs maladies héréditaires, « L’analyse comparative du génome du chat domestique révèle des signatures génétiques sous-jacentes à la biologie et à la domestication féline ». C’est le génome d’une chatte Abyssin nommée Cinnamone qui a servie de référence à cette étude. Ce chat a été choisi car il avait une maladie oculaire dégénératives que les chercheurs souhaitaient étudier mais aussi car il été possible de retracer sa lignée sur plusieurs générations. Dans le but de mieux comprendre les caractéristiques de la domestication, les chercheurs ont séquencé le génome de chats de race pure. La couleur, la texture, le motif du pelage mais aussi la structure du visage et la docilité du chat font parties des caractéristiques de leur domestication. Ils ont aussi étudié le génome d’autres mammifères tel sque le tigre, le chien, l’humain et la vache. Les différences trouvées dans le génome de ces chats participent à expliquer pourquoi les chats sont presque exclusivement carnivores ou encore comment leur vision et odorat diffèrent de celles d’autres animaux comme le chien par exemple. Les chats étant des carnivores, leurs repas sont riches en viande et en graisse, ils ont besoins d’enzyme (codée par des gènes) pour dégrader efficacement les graisses. Les chercheurs ont découvert chez le chat, le tigre et d’autres carnivores, des gènes particuliers servant au métabolisme de graisse, ces gènes changeants plus rapidement, ne peuvent pas être expliqués par le hasard. Ces changements rapides montrent que la présence de ces gènes donne un avantage aux carnivores consommant uniquement des protéines animales. Les humains et les vaches qui ont une alimentation plus variée n’ayant pas besoin de ce type d’amélioration, ne présente pas de telles modifications au niveau de ces mêmes gènes. Le chat ayant peu besoin de son odorat pour chasser, contrairement au chien, présente moins de gène responsable de l’odorat que ce dernier. Par contre, ils ont trouvé plus de gènes servant à l’identification des phéromones, permettant au chat de surveiller son environnement social et notamment de trouver individus de sexe opposé. L’ouïe des chats est aussi meilleure que celle de la plupart des carnivores, ils sont notamment capables

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Chat sibérien

Le Chat des Forêts Sibériennes

Le Sibérien aussi appelé Chat des Forêts de Sibérie ou Chat des Forêts Sibériennes, encore parfois appelé Moscow semi-longhair ou Russian Longhair est un grand chat puissant venu de Russie. Il peuple la Russie depuis des centaines voire des milliers d’années. La variété colorpoint est appelé Neva Masquerade. La petite histoire du Chat des Forêts de Sibérie Selon la légende, le Sibérien serait issu des chats sauvages de la forêt de la Taiga. Au Moyen-âge, il gardait les monastères de Sibérie. Mais contrairement au Norvégien qui est le personnage principal de nombreuses légendes, le Sibérien est le protagoniste d’un faible nombre de légendes sur lesquelles on trouve bien peu d’informations. L’origine du Sibérien Le Chat des Forêts de Sibérie, est une race indigène très ancienne, la première référence littéraire connue date des environs de l’an 1000. Il serait arrivé en Russie grâce à des routes commerciales telles que la route des Varègues (les Vickings) aux Iles Grecques qui reliait la Scandinavie à l’Empire Byzantin ou encore par la route de la soie qui reliait l’Asie à l’Europe. Néanmoins, pour l’instant, l’exactitude de son origine n’a pas encore été déterminée. Le chat Sibérien dont les ancêtres venaient probablement d’Asie Mineure, sont certainement communs à d’autres races tel que l’Angora ou le Persan. Ces chats venus d’Asie Mineure se sont probablement croisés avec des chats des steppes et des forêts, pour donner le Sibérien. Le croisement de chat domestique avec le chat sauvage local (felis sylvestris) des Mont Oural, des monts du Caucase et des plateaux de Sibérie serait donc à l’origine du Sibérien. D’ailleurs, les actuels chats sauvages de Transcaucasie (felis sylvestris caucasica, cf. photo ci-dessous) ont l’apparence de nos Sibériens. Il se pourrait même que la mutation « poils-long » de toutes les races aient pour origines les chats Russes. La reconnaissance de la race Dans les années 1870, lors des premières expositions félines, le Sibérien est représenté. Notamment en 1884 à l’exposition féline se déroulant au Madison Square Garden à New York. En 1889 Harrison Weir (1824-1906, éleveur félin, peintre, illustrateur et écrivain anglais, organisateur de la première exposition féline en 1871 au Crystal Palace) fait référence à ce majestueux chat qu’est le Sibérien dans son livre « Our cats and all about them », on peut y lire qu’« il diffère de l’Angora et du Persan à bien des égards. Il était plus grand dans le corps et avait des pattes plus courtes. La crinière ou collerette était très grande, longue et dense, et plutôt de texture laineuse, avec des poils grossiers parmi elle […] Les yeux étaient grands et proéminents, […], les oreilles grandes en comparaison, avec de petites touffes, pleines de longs poils laineux, les membres gros et courts, la queue étant très différente, car courte, très laineuse et épaisse couverte de poils de même longueur depuis la base jusqu’à la pointe. » En 1898, c’est John Jennings qui y fait référence dans son livre « Domestic and fancy cat ». C’est en 1900 dans le livre « Concerning cats » d’Helen Winslow (1851-1938, éditrice, rédactrice, journaliste et auteur américaine) que l’on peut voir la première photo d’un Sibérien. Pour mettre un terme à la période où la possession d’un animal de compagnie était interdite en Russie, la création de la race devint indispensable et notamment pour entrer dans le monde de la félinotechnie internationale. Le premier standard du Chat des Forêts de Sibérie fut créé par le Kotofey Cat Club de Moscou en utilisant 2 chats comme modèle : Mars et Roman. Ils font notamment partis des chats ayant servi à la fondation de la race, on peut donc le retrouver dans les pedigrees de nombreux Sibériens. Jusque dans les années 1990, le Chat de Sibérie était considéré comme un chat de ferme, robuste et agile. Apprécié par les paysans russes pour ses compétences de dératiseur mais aussi de chat de garde (il grogne lorsqu’il est confronté à un intrus). C’est donc en 1990 que le Sibérien fut reconnu par la SFF (Fédération soviétique de félinologie) et peu de temps après la WCF. Il est reconnu officiellement en 1997 par les instances internationales. Le standard Faisant partie du groupe des « Grands chats naturels », comme le Maine Coon, le Norvégien ou le Turc de Van, le Sibérien se distingue par sa tête courte et large au contour arrondi en forme de trapèze inversé. Il a des pommettes, ni saillantes, ni proéminentes. Son crane est large et plutôt plat. Son front est large et légèrement arrondi, la ligne entre le front et le nez est légèrement concave. Le nez est plutôt court et plat. Son museau est rond et fort, sans pinch. Le menton n’est pas proéminant. Les moustaches doivent être longues et épaisses. Avec de grands yeux presque ronds, bien espacés et implantés légèrement en biais, les oreilles sont de taille moyenne, large à la base et légèrement pointées vers l’avant. Leur extrémité est arrondie, l’intérieur est empli de poils abondants, idéalement, elles sont surmontées de plumets. Le Sibérien est un chat puissant avec une encolure courte mais musclée, son corps est massif, lourd et musclé, en tonneau, un arrière train solide, lui permettant de sauter exceptionnellement haut. Sa croissance se termine assez tard, entre 3 et 5 ans. Le Chat de Sibérie a des pattes de hauteur moyenne, robustes, musclées avec une puissante ossature lui permettant de soutenir son corps. Il a de grands pieds ronds avec des touffes de poils interdigitales. La queue du Chat des Forêts Sibérienne est épaisse à la base avec un bout arrondi, elle n’est pas très longue. La fourrure du Sibérien est mi-longue à longue composée d’un poil de garde, un poil de jarre et un sous-poils. Les poils sont brillants et imperméables. En été le sous-poil est court, et plus dense, long et épais en hiver. Sur les pattes, les poils restent courts. L’hiver le pelage est plus long avec une toison, un jabot, une collerette, une culotte et une queue bien fournies. Leur poil épais est conçu pour résister à des conditions climatiques extrêmes. Le comportement

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